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Quatre ans presque jour pour jour que je suis derrière ces pages. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin… je viens aujourd’hui vous dire au revoir et merci.

Quatre ans, donc. Comme le temps passe vite lorsque c’est la passion qui nous anime!

Et passionnés, vous l’êtes tous, vous, artisans de l’information, employés des médias que l’on dit aujourd’hui traditionnels, journalistes indépendants, éditeurs de nouveaux médias, cadres de l’information, ?uvrant à la télévision, à la radio, dans un journal papier, sur le web, chercheurs, enseignants, étudiants, décideurs ou citoyens concernés par l’avenir de la production d’information.

Vous qui nous lisez et avez accepté de prendre un peu de votre précieux temps pour me parler des problèmes que vous rencontrez, mais surtout de vos aspirations, de vos solutions et de la passion que vous avez pour ce métier. Plus qu’un métier, une vocation en réalité.

Grace à vous, je suis parvenue à ne pas transformer ProjetJ en chronique nécrologique. Le risque était grand tant la profession n’a pas été épargnée ces dernières années.

Des coupures de postes un peu partout au Québec et ailleurs; la vente par Quebecor à TC Médias de? tous ses hebdomadaires régionaux qui a inéluctablement mené à la fermeture de certains d’entre eux; l’effondrement des revenus publicitaires partis voir sur le web si l’herbe était plus verte; la baisse des ventes payantes également, le citoyen s’étant habitué à lire ses nouvelles gratuitement; les menaces qui pèsent sur la liberté de presse avec non seulement des municipalités qui refusent encore que des journalistes viennent mettre leur nez dans leurs affaires, mais aussi des collègues espionnés des mois durant par les différents services de police de la province.

Et puis bien s?r, dernier phénomène de grande ampleur avec lequel le journaliste doit aujourd’hui composer, la propagation des fausses nouvelles, jetant le discrédit sur toute la production d’information.

Heureusement, il y en a aussi eu de bonnes, des nouvelles, durant ces quatre dernières années, la meilleure étant sans doute de constater que le journaliste est un animal capable de s’adapter à toutes les situations.

Plut?t que de voir le web (uniquement) comme une menace, les médias traditionnels ont cherché à s’adapter en développant notamment des applications numériques. L’avenir nous dira si c’était la meilleure voie mais gageons que dans les grandes rédactions, certains sont déjà à l’affut de la prochaine innovation qui rejoindra le mieux un public aujourd’hui accroché à ses objets technos.

De nouveaux acteurs ont également investi l’industrie. Martin Cauchon, qui avec son Groupe Capitales Médias, a redonné de l’allant aux employés des quotidiens régionaux en les rachetant d’abord et en investissement ensuite dans le numérique. Alexandre Taillefer s’est lui aussi lancé, avec Voir pour commencer, et plus récemment, en s’attribuant le magazine L’Actualité.

Il y a aussi des initiatives plus marginales mais non moins remarquables?parce qu’elles donnent la parole à des voix originales. Nouveau Projet, Ricochet, Caribou, ou encore Planète F font partie de ceux-là. Tous portés par des journalistes à l’énergie et aux idées débordantes.

Le web a également fait émerger de nouveaux formats, encore à l’état très embryonnaires il y a quatre ans. Le journalisme de données ou encore le webdocumentaire et bient?t la réalité virtuelle, permettent de présenter les nouvelles de fa?on originale, presque personnalisée, et de mieux faire comprendre certains enjeux. Plusieurs journalistes, plusieurs médias, ont décidé d’investir dans ces nouvelles manières de faire du journalisme et nous ne sommes encore qu’au début de ce qu’il sera possible de réaliser.

Autant de sujets que j’aurais pu continuer à couvrir. Il y aussi bien s?r la Commission Chamberland, qui entre maintenant dans le vif du sujet, la recherche de repreneurs pour les hebdos de TC Médias mis en vente le mois dernier, la Commission sur les médias et les communautés locales, qui tarde à remettre son rapport et donc, ses recommandations, les lois sur l’accès à l’information, qui doivent être revues et corrigées tant à Ottawa qu’à Québec. Et bien d’autres dossiers encore.

Mais voilà, il est temps pour moi de passer la main pour mener à bien d’autres projets. Dans la foulée de ma démission, le comité de direction a décidé de suspendre les activités de ProjetJ, faute de pistes solides de financement. Alors que l’industrie est en crise, aller chercher de l’argent pour soutenir un tel observatoire indépendant est tout un défi, et je suis fière d’être parvenue à publier régulièrement des articles fouillés et rigoureux dans des conditions qui n’étaient pas idéales.

La voie de ProjetJ s’éteint, le temps au mois de parvenir à trouver un nouveau modèle d’affaires. Je continuerai cependant à être une observatrice attentive des transformations que vit l’industrie, et de leurs conséquences sur le travail des journalistes et sur la qualité et la diversité de l’information.

J’aurai plaisir à poursuivre cette conversation sur les médias sociaux, que nombre d’entre nous avons investi pour débattre de l’évolution de nos conditions de travail et parfois dénoncer ce(ux) qui ne nous permet(tent) plus de mener à bien notre mission de chien de garde de la démocratie.

Je vous dis donc ?à très bient?t?, virtuellement ou dans la vraie vie.

Hélène Roulot-Ganzmann

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